Suite à la visite des membres du collectif, en juillet 2001, Mme Christine Crifo demande qu'un projet de Centre des Droits de l'Homme soit mis à l'étude dans le cadre et le prolongement du Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère. Tout en la reliant au musée de la Révolution française de Vizille et admettant qu'à terme, les trois équipements départementaux, participent d'un "même dispositif culturel", cette proposition est soumise à l'exécutif du Conseil général de l'Isère en décembre 2001. Cette instance décide alors de créer une Maison des Droits de l'Homme (MDH) en Isère. L'Assemblée départementale ratifie peu après cette décision, notamment lors du vote de la Décision modificative n°3 de 2002 et chaque année depuis, dans le budget propre de la MDH, géré par le MRDI, dans le cadre de la Conservation du patrimoine de l'Isère (CPI) et de la Direction du patrimoine et de la culture (DCP).
Le 12 décembre 2001, M. Claude Bertrand, vice-président chargé de la culture et du patrimoine et Mme Christine Crifo, déléguée aux actions départementales de mémoire et présidente de la Commission de la culture et du patrimoine, présentent à la presse les cinq premières Rencontres de la Maison des Droits de l'Homme programmées de février à juin 2003 .
Le 27 février 2002, Mme Christine Crifo présente le projet de Maison des Droits de l'Homme aux Archives départementales de l'Isère devant une soixantaine de responsables et membres d'associations concernées par la défense des Droits de l'Homme. Outre les interventions de Maryvonne David-Jougneau, sociologue et de René Favier, historien, à propos du projet, l'assistance est appelée à réagir. Le projet est alors favorablement accueilli .
Le 16 novembre 2002, un Conseil consultatif de la MDH est constitué, sous la présidence de Mme Christine Crifo, afin d'exprimer préalablement son avis à chacune des étapes de la création de la Maison des Droits de l'Homme et de se prononcer sur la programmation des réunions publiques (thématiques et choix des intervenants, notamment).
Le 20 novembre 2002, une première rencontre est organisée dans le cadre du projet de Maison des Droits de l'Homme, autour de Michel Taube, président de Ensemble contre la peine de mort (ECPM) et de la campagne internationale qu'il lance alors. Préalablement sollicités, des représentants d'associations de l'Isère, l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT), Amnesty International, l'Ecole de la Paix, la Ligue internationale des droits de l'Homme (LIDH) et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) interviennent sur cette question.
Le 15 février 2003, au musée de la Révolution française, M. André Vallini, président du Conseil général, préside à Vizille en compagnie de Mmes les conseillères générales Christine Crifo et Brigitte Périllié (déléguée aux Droits de la Femme), et de M. Claude Bertrand, vice-président chargé de la culture et du patrimoine, un événement considéré par beaucoup comme l'acte de naissance officiel de la MDH en présence de quelques deux cents personnes.
D'autres rencontres suivent dans le cadre de la première saison de la MDH (hiver 2003 – été 2004), le 18 mars 2003 (témoignage et Droits de l’Homme), le 15 avril (commémoration et Droits de l'Homme), le 13 mai 2003 (recherche historique et Droits de l'Homme) et le 3 juin 2003 (bioéthique et Droits de l’Homme), réunissant en moyenne une cinquantaine de participants.
Une deuxième saison de la MDH est organisée (automne 2003 – été 2004) marquée notamment, le 7 octobre 2003 par les Sixièmes rencontres (Forum des associations : Quelle Maison des Droits de l'Homme voulons-nous ?), le 15 novembre 2003 par les Septièmes rencontres, avec le partenariat du Centre théologique de Meylan (Droits de l'Homme et religions – Des valeurs universelles et de la laïcité, à l'auditorium du Musée de Grenoble), le 13 janvier 2004 par les Huitièmes rencontres (Comment l'éthique doit être guidée par les Droits de l'Homme ?), le 4 février 2004 par les Neuvièmes rencontres avec le partenariat de l'Institut d'études politiques (Les nouvelles technologies de l'information et de la communication : garantes ou ennemies des libertés individuelles ?), le 3 mars 2004 par les Dixièmes rencontres, en partenariat avec les Archives départementales de l'Isère, dans le cadre de l'exposition "Rendre la justice en Dauphiné" (L'abolition de la peine de mort), le 4 mai 2004 par les Onzièmes rencontres (La justice pénale internationale), dans le même cadre que la précédente et une troisième fois, le 18 mai 2004, par les Douzièmes rencontres (Juger les crimes contre l'humanité).
En cours de constitution, les actes de ces rencontres seront publiés par étapes dans les cahiers de la MDH. Par ailleurs, grâce à la visibilité publique entretenue par les rencontres, leur communication, les échos qu'elles suscitent dans les médias mais aussi le réseau constitué depuis 1998 au fil des actions du MRDI, la MDH est presque toujours sollicitée, dès qu'une action relative à la défense des Droits de l'Homme est initiée en Isère. Elle y répond selon les possibilités. Ainsi en juin 2003, dans le cadre de l'opération sur la Tchétchénie, Ainsi en mars 2004, avec l'exposition itinérante "Colombie, voyages pour la paix", réalisée par la MDH avec le partenariat d'Amnesty international, de l'Ecole de la Paix, du Secours catholique, du Comité de soutien à Ingrid Betancourt et du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD).
Renforcée il est vrai par des collaborations ponctuelles mais surtout par l'arrivée, en novembre 2003, d'Olivier Cogne, officiellement chargé du projet de MDH sous la responsabilité du directeur du MRDI, l'action de la MDH repose sur l'équipe et la logistique de ce musée. Aucune raison ne semble aujourd'hui devoir remettre en cause cette imbrication, par ailleurs admise de tous. Autant parce que les Droits de l'Homme, trouvent leur base dans les valeurs de la Résistance (et bien sûr aussi dans celles de la Révolution), que parce que la limitation de l'évocation de la Résistance à la période 1940 – 1944 n'aurait que peu d'intérêt et, surtout, contreviendrait aux objectifs des fondateurs du musée, les vocations respectives du MRDI et de la MDH doivent rester associées. Là où l'un trouve en l'autre son prolongement, la seconde bénéficie de l'enracinement du précédent. La jonction avec le musée de la Révolution française qui, du fait de sa vocation principalement artistique est un peu moins évidente à établir, sera certainement conforté lorsque la MDH jouera pleinement son rôle.
S'il a pu d'autre part être dit que la MDH allait remplacer le MRDI, observons que cette évolution, si elle se réalise un jour, ce qui n’est pas certain, ne semble pas près de se faire. D'une part parce que les associations du monde de la Résistance et de la Déportation, dont la désaffection n'est pas aussi réelle que cela, en raison du relais des "Amis de…", n'admettraient pas que l'on renonçât aussi vite à cet héritage mais aussi parce que les enseignants qui assurent la moitié de la fréquentation du musée , sont de plus en plus nombreux à l'utiliser, au fil des programmes scolaires, dans leur enseignement de la Seconde Guerre mondiale.
Ajoutons, pour terminer cette analyse, qu’un consensus semble s’être établi en faveur de l’aménagement de la MDH et du MRDI, dans le cadre des bâtiments prestigieux de l’ancien Palais du Parlement du Dauphiné, dernièrement occupés par Palais de justice. Telle est l’hypothèse qui devrait être reprise, dans le cadre du concours d’idées lancé en juin 2005 par le Conseil général de l’Isère.